« Racisme, esclavagisme, sexisme : chaque fois, la victime a d’abord été dépouillée de sa pleine humanité pour être mieux avilie. »- Aymeric Caron
Les Indiens sont-ils nos égaux ou sont-ils des êtres inférieurs faits pour être asservis et obéir ? C’est la question vertigineuse que se pose l’Eglise après la découverte et la conquête de l’Amérique. Comment allier les préceptes de l’Eglise (amour de son prochain, miséricorde…) avec les massacres commis par les colons espagnols ?
La question est importante car selon la réponse les Espagnols pourront continuer ou pas à esclavagiser les populations locales tout en se targuant de vouloir sauver leur âme en les évangélisant de force. La controverse opposera le théologien Juan Ginés de Sepulveda et Bartolomé de Las Casas, dominicain et défenseur des Indiens.
Bien que le roman traite d’un fait historique et théologique réel, le livre de Jean-Claude Carrière nous pousse à nous interroger sur la façon dont nous voyons l’Autre, l’étranger. Est-il finalement si différent aujourd’hui. Les Indiens n’auraient-ils pas quelques points communs avec ceux que nous désignons sous le terme générique de migrants ou d’immigrés ? Ils ne ressemblent physiquement aux Européens, ils ne parlent pas la même langue, n’honorent pas forcément le même Dieu.
A méditer…
Editions Pocket – 253 pages

