« La colonisation sème chez les colonisés la désolation, la mort, le chaos. Mais elle sème aussi en eux -et c’est ça sa réussite la plus diabolique- le désir de devenir ce qui les détruit » – M. Mbougar Sarr – Ecrivain
Fin XIXe siècle, le Mozambique est la proie de guerres multiples, guerres de clans africains entre eux et guerre du Portugal contre les Africains pour s’emparer du pays. Les sables de l’Empereur, ce sont trois livres réunis en un seul qui relate l’histoire de Germano et Imani dans un pays en guerre.
Germano est un jeune soldat portugais qui a été déporté au Mozambique (ce qui lui permet d’échapper à la mort) car il est républicain. A son arrivée dans une sorte de caserne qui n’a de caserne que le nom, il se lie avec Imani, jeune femme africaine dont le clan en guerre contre l’empereur Ngunguayane est l’allié objectif du colon portugais. Imani est d’abord son interprète auprès de la population locale mais Germano isolé dans son poste de campagne va se rapprocher de cette jeune femme comprenant que les locaux sont des êtres semblables aux Portugais, que la vie est difficile pour tous, colonisé ou simple soldat arrivé en terre étrangère pour purger une punition.
A travers les tribulations de Germano et d’Imani, Mia Couto décrit de l’intérieur la guerre qui a opposé les Portugais à l’empereur Ngungunyane (qui a vraiment existé) et la difficulté pour les autres clans d’être ennemi de Ngungunyane et allié des Portugais. Amis ou ennemis, les Africains doivent surtout supporter le mépris des Européens. Germano et Imani sont les témoins de cette période et les acteurs d’une réalité qui montre clairement que Noir ou Blanc, il est possible de dépasser les préjugés pour n’être plus que des êtres humains mais en parcourant un chemin semé d’embûches.
Les sables de l’Empereur est un livre qui dénonce la colonisation en montrant ses ravages et ses injustices qui touchent en premier lieu les Africains mais aussi certains de ceux qui étaient venus pour les asservir. Un grand livre sur un pan pas si souvent traité de l’histoire portugaise.
Editions Métailié – 2020 – 672 pages

