Femme qui court de Gérard de Cortanze

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« Gagner était une question de vie ou de mort. » – Marie-José Pérec, athlète française.

Femme qui court est le portrait d’une scandaleuse qui a côtoyé les grands noms de la vie parisienne de son époque : Joséphine Baker, Cocteau, Jean Marais… et qui a eu le tort d’être trop moderne pour son époque.

Violette Morris (1893-1944), son nom est tombé dans l’oubli ou lorsqu’on l’évoque c’est pour dénoncer son passé de collabo pendant la seconde guerre mondiale. Ce portrait est plus que réducteur. Violette Morris c’est d’abord et avant tout une femme peu aimée par ses parents qui va trouver dans le sport un exutoire, un chemin de vie.

Elevée dans des pensionnats de jeune fille où l’on considérait que le sport était indispensable à une bonne santé tant physique que mentale (révolutionnaire à l’époque !), Violette va très vite se distinguer et se faire remarquer grâce à ses performances. Alors qu’aujourd’hui, les compétitions sont non mixtes et les athlètes spécialisés, Violette Morris au contraire est « omnisport » et se mesure parfois à des hommes qu’elle bat à plates coutures.

Le patriarcat du début du siècle acceptait très mal que les femmes s’adonnent à la pratique sportive (le baron de Coubertin, père des jeux olympiques modernes, avait interdit la participation des femmes) et éructait de rage lorsqu’une femme, lesbienne de surcroît, pratiquait des sports dits masculins (la boxe et la course automobile notamment) tout en battant des records. Ses exploits sportifs seront dans bien des cas passés sous silence ou leur importance minorée. Si le machisme dans le sport n’a pas disparu, il a fortement diminué. Notons tout de même pour l’anecdote que dans les années 80, le cycliste Marc Madiot osait dire à Jeannie Longo, grande championne cycliste, qu' »une femme sur un vélo, c’était moche » (sic !). Pour certains, encore aujourd’hui, la place des femmes est au foyer, c’est même un mouvement qui reprend du poil de la bête un peu partout dans le monde porté par les gouvernements conservateurs qui arrivent au pouvoir.

Violette Morris était hors norme : sportive accomplie, homosexuelle et féministe, trop pour une seule femme ! Sa mort violente sur une route de campagne est-elle la conséquence d’une collaboration active avec l’ennemi ou a-t-on à dessein noirci le tableau ? Gérard de Cortanze sans chercher à nier les faits à une lecture plus nuancée des événements et peut-être plus proche de la réalité.

Editions Albin Michel – 2019 – 407 pages

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