« Dans le couple, il n’y a qu’une chose pire que le mensonge, c’est la franchise » – Michel Berthet
Peter a épousé Ilona mais il aime Judith, la domestique. Après quelques années d’un mariage ni heureux ni malheureux, Peter divorce et épouse Judith. Métamorphoses d’un mariage c’est l’histoire d’un trio amoureux qui a pour témoin l’énigmatique meilleur ami de Peter : l’écrivain.
Le livre est constitué de trois monologues, d’abord celui de l’ex-épouse, ensuite celui du mari et pour finir la domestique. Chacun expliquera sa vision des deux autres membres du trio et de ses relations avec les deux autres protagonistes. Sandor Marai met les sentiments et les relations humaines au coeur de son livre : la difficulté d’être soi et aussi la fin d’un monde qui donne naissance à un autre. C’était particulièrement vrai lors de la parution des Métamorphoses en 1941. Son pays, la Hongrie avait connu les bouleversements de la première guerre mondiale avec la chute de l’empire Austro-Hongrois et subissait comme toute l’Europe les secousses de la seconde.
Sandor Marai est aussi un écrivain qui met les femmes au centre du récit. L’ex-femme et la domestique sont animées par un désir fort, elles sont volontaires et tentent d’être actrices plutôt que spectatrices de leur vie. On ne peut pas en dire autant des personnages masculins.
Métamorphoses d’un mariage est l’illustration de la constance de la difficulté de vivre que l’on soit homme ou femme, puissant ou misérable.
Editions Folio – 500 pages – Première édition : 1941

