Le Chagrin de Lionel Duroy

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Du sel sur mes plaies

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille dit la chanson. Il est possible que Lionel Duroy, s’il en avait eu le loisir, en aurait préféré une autre.

Quatrième d’une fratrie de 10 enfants, issu d’une famille noble déclassée car fauchée, avec des parents qui font semblant de ne pas le savoir, c’est peu dire que cette famille est dysfonctionnelle voire toxique.

Le Chagrin, c’est l’histoire d’un homme qui écrit, sans concession, sa vie et celle de sa famille pour tenter de comprendre et de soigner la dépression qui le guette sans cesse et parfois le rattrape. Ecartelé entre, d’un côté, l’amour pour ses parents et de l’autre, le profond dégoût pour ce qu’ils sont : racistes, antisémites, adhérant sans réserve aux thèses de l’extrême-droite, oubliant (refusant ?) d’ouvrir leurs enfants au monde extérieur.

Certains pourraient taxer d’exhibitionnisme cette mise à nu de son intimité mais à travers l’histoire de Lionel Duroy et des personnes qui traversent le récit, chacun peut trouver ici ou là une parcelle de lui-même et déclencher une réflexion sur sa propre existence et ses rapports avec son entourage.

Lionel Duroy le dit lui-même, il a commencé à écrire pour ne pas mourir, et nous, il nous aide à vivre.

Editions Julliard – 2010 – 503 pages

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